25 septembre 2013

Comment fonctionne le simulateur ?



Le modèle de prévision utilisé sur L'atelier des finances publiques permet de prévoir l'évolution des finances publiques françaises à court et long terme. Il fonctionne de manière identique à ceux utilisés par les différentes institutions nationales (Direction du Trésor du Ministère de l'Economie et des Finances, Banque de France, etc.) ou internationales (Fonds Monétaire International, Commission européenne, etc.).

Il s'agit d'une prévision sur le long terme : elle est donc par essence soumise à de nombreux aléas (il est possible que la productivité augmente ou que des chocs externes semblables aux chocs pétroliers des années 70 se produisent). Il ne faut donc pas faire dire à ces chiffres ce qu'il ne disent pas : l'avenir n'est pas écrit. Ainsi, ce scénario, même s'il semble le plus vraisemblable aux concepteurs du modèle et s'inscrit en parfaite cohérence avec la plupart des prévisions réalisées par ailleurs, n'est qu'un scénario possible parmi d'autres. Mais cette tendance donne une indication utile de la direction que nous empruntons.

Comment cette prévision centrale est-elle élaborée ? Comment pouvez-vous la faire évoluer ?

Cette prévision repose d'abord sur l'établissement d'un scénario de croissance, qui est estimé :

  • à court terme grâce à différents indicateurs conjoncturels (confiance des ménages, carnets de commande des entreprises, etc.) ;
  • à long terme sur la base de modèles économétriques permettant d'estimer la croissance potentielle de l'économie, c'est-à-dire la croissance moyenne sur le long terme sur la base de composantes structurelles de l'économie française (démographie, gains de productivité, investissement, etc.).

Ici, on utilise comme scénario central les estimations de la Commission européenne, que vous pouvez modifier pour rendre l'économie plus ou moins dynamique, à court et long termes.

Les recettes et les dépenses publiques sont ensuite déterminées sur la base de ce scénario neutre, qui correspond à l'évolution prévisible en l'absence de nouvelles mesures, c'est-à-dire à cadre réglementaire constant. Les scénarios de déficit public et de dette publique présentés par défaut sont des scénarios centraux, c'est-à-dire ceux qui apparaissent les plus vraisemblables si le gouvernement n'agit ni sur les dépenses ni sur les recettes. 

Le niveau des recettes publiques dépend directement du scénario de croissance : plus la consommation est dynamique, plus le produit de la TVA est élevé ; plus les entreprises vendent, plus les recettes d'impôt sur les sociétés sont élevées ; plus les salaires et l'emploi sont élevés, plus les recettes d'impôt sur le revenu et les cotisations sociales sont importantes. Le niveau des recettes est ainsi estimé en proportion de la production, de la consommation, etc.

Le lien entre croissance et dépenses publiques est plus complexe. Dans certains cas, la croissance a un impact direct sur la dépense. Ainsi, pour l'assurance chômage par exemple, une augmentation de la croissance réduit le nombre de chômeurs et donc le montant total des allocations versées. Cependant, la plupart des dépenses publiques suivent une évolution propre, liée par exemple au vieillissement démographique, à l'évolution des dépenses de santé, à l'évolution des salaires publics, etc. L'évolution de la dépense publique dépend donc de facteurs externes, qu'il faut généralement évaluer au cas par cas : les dépenses d'intérêt sont estimées en appliquant le taux observé en 2013 à la dette totale, les dépenses liées à la santé et aux retraites sont estimées sur la base des prévisions démographiques, etc.

Une fois déterminé ce scénario central, vous pouvez simuler différentes réformes et observer comment celles-ci influenceraient l'évolution du déficit et de la dette, à court et long termes. Si vous augmentez le taux de la TVA, cela génère des recettes supplémentaires, dès 2014, mais aussi de manière permanente, et donc le déficit public sera diminué d'autant tous les ans.

Enfin, le modèle utilisé est "bouclé" : c'est-à-dire qu'il prend en compte l'impact sur la croissance de mesures de consolidation ou de relance budgétaire à court terme, dans une logique "keynésienne" (en savoir plus).



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